Pour comprendre l'addiction des espagnols aux jeux, il suffit de se promener sur la Gran Vía au mois de décembre.
Une queue improbable de centaines de personnes s'y forment tous les jours du dernier mois de l'année.
Liquidation de stocks d'un magasin haute couture? Distribution gratuite de donuts chez Dunkin? Concert des Gispy Kings? Que nenni: le peuple achète ses billets de tombola.
Ah bah oui, je te l'accorde, c'est pas très glamour tout ça.
Imagine un amoncellement de vieux et de ploucs qui essaient par tous les moyens de se gruger les uns les autres. Il est beau l'esprit de Noël.
La question bête, mais cependant logique de prime abord, que se poserait un non-initié est: "mais pourquoi attendre 3 heures quand je peux acheter la même chose sans patienter dans n'importe quel autre bureau de jeu?" (si tu te poses la question, t'es pas si con que ça: tu sais qu'il y a des bureaux de jeu en Espagne)
La réponse (tu suis la logique? Je pose une question et après je te donne la réponse, c'est pas merveilleux? Ne me remercie pas) est bête comme chou: chez Doña Manolita, il y a plein de gens qui gagnent les gros prix chaque année.
En même temps, si 80% des gens achètent là-bas c'est un peu normal, non?
Je sais que t'as pas fait un doctorat de statistiques ni de probabilités mais tu vois ce que je veux dire, ou bien?
Donc, pour toi qui ne me suit visiblement pas, la tombola de noël c'est comme à la fête de l'école (pas les danses paillardes ni les tartes à la crême sur les portraits des profs, ne sois pas niais): tu achètes un petit ticket avec un numéro et s'il est tiré au sort, tu gagnes un cadeau.
Sauf que là c'est pas des cadeaux, c'est du fric. Tentant, n'est-ce pas?
Sauf que là c'est pas 5 francs (t'étais encore à l'école quand on est passés à l'euro ou tu veux vraiment m'emmerder?), c'est 20¤ minimum.
Et les gens ne se contentent pas de 20¤, comment veux-tu gagner si tu as un seul billet? D'après mes savants calculs et autres observations, j'estime la dépense moyenne par espagnol à 200¤.
Oui c'est beaucoup d'argent pour toi, espèce de pauvre.
Et bien figure toi que les espagnols aussi ils sont pauvres en fait (coz que c'est un pays en voie de développement*).
Mais ils s'en foutent les espagnols, ils ont des hypothèques à 50 ans pour leur maison mitoyenne en banlieue, alors 200¤ de plus ou de moins ils sont pas à ça près je te ferai dire.
Et là où se rend compte que les espagnols vivent leur vie comme bon leur semble et que rien à foutre d'être endetté, mes gosses paieront mes dettes, c'est en allant dans une salle de bingo.
Comment ça tu sais pas ce qu'est le bingo? Non mais il faut arrêter de regarder Drucker ou de faire la conversation à tes beaux parents le dimanche après-midi.
Ah j'oubliais, tu es célibataire, autant pour moi.
Donc, le bingo. C'est un jeu de boules. Non, ce n'est pas sexuel, ne sois pas vicieux. Un jeu de hasard avec des boules. Et si tu remplis une ligne ou toute la grille en premier, tu cries "ligne" ou "bingo" (c'est selon, va pas crier bingo si t'as une ligne, t'auras l'air con) et tu gagnes l'argent mis en jeu.
Plus il y a de cartons vendus, plus la cagnotte est élevée. C'est facile, non?
En bref, les salles de bingo sont comme des salons avec tables rondes et fauteuils comfortables, coz que les vieilles ont besoin d'être à l'aise. T'as vu comme ils sont doués en stratégie marketing les tenanciers de bingo?
Un tirage complet (environ 60 boules pour arriver au bingo) dure 3 minutes à tout casser.
À 2¤ le carton et à raison de 5 cartons en moyenne par vieille, fais le calcul des dépenses dominicales d'une mamie qui reste vautrée dans son siège de 15h à 21h en sirotant d'improbables boissons (à 7¤ l'unité).
J'oubliais, la vieille ne passe pas que ses dimanches au bingo.
Aux heures de pointe elle prend quand même le bus ou le métro.
Alors j'espère que tu as fait une croix sur ton héritage parce les alcooliques accrocs aux jeux, ce n'est pas une garantie des plus sûres**...
*pays sous-développé il paraît que ça ne se dit plus coz que c'est péjoratif, bref si je te dis pays pauvre et un peu en retard tu me comprends.
** tu admireras la superbe utilisation des homonymes.
Une queue improbable de centaines de personnes s'y forment tous les jours du dernier mois de l'année.
Liquidation de stocks d'un magasin haute couture? Distribution gratuite de donuts chez Dunkin? Concert des Gispy Kings? Que nenni: le peuple achète ses billets de tombola.
Ah bah oui, je te l'accorde, c'est pas très glamour tout ça.
Imagine un amoncellement de vieux et de ploucs qui essaient par tous les moyens de se gruger les uns les autres. Il est beau l'esprit de Noël.
La question bête, mais cependant logique de prime abord, que se poserait un non-initié est: "mais pourquoi attendre 3 heures quand je peux acheter la même chose sans patienter dans n'importe quel autre bureau de jeu?" (si tu te poses la question, t'es pas si con que ça: tu sais qu'il y a des bureaux de jeu en Espagne)
La réponse (tu suis la logique? Je pose une question et après je te donne la réponse, c'est pas merveilleux? Ne me remercie pas) est bête comme chou: chez Doña Manolita, il y a plein de gens qui gagnent les gros prix chaque année.
En même temps, si 80% des gens achètent là-bas c'est un peu normal, non?
Je sais que t'as pas fait un doctorat de statistiques ni de probabilités mais tu vois ce que je veux dire, ou bien?
Donc, pour toi qui ne me suit visiblement pas, la tombola de noël c'est comme à la fête de l'école (pas les danses paillardes ni les tartes à la crême sur les portraits des profs, ne sois pas niais): tu achètes un petit ticket avec un numéro et s'il est tiré au sort, tu gagnes un cadeau.
Sauf que là c'est pas des cadeaux, c'est du fric. Tentant, n'est-ce pas?
Sauf que là c'est pas 5 francs (t'étais encore à l'école quand on est passés à l'euro ou tu veux vraiment m'emmerder?), c'est 20¤ minimum.
Et les gens ne se contentent pas de 20¤, comment veux-tu gagner si tu as un seul billet? D'après mes savants calculs et autres observations, j'estime la dépense moyenne par espagnol à 200¤.
Oui c'est beaucoup d'argent pour toi, espèce de pauvre.
Et bien figure toi que les espagnols aussi ils sont pauvres en fait (coz que c'est un pays en voie de développement*).
Mais ils s'en foutent les espagnols, ils ont des hypothèques à 50 ans pour leur maison mitoyenne en banlieue, alors 200¤ de plus ou de moins ils sont pas à ça près je te ferai dire.
Et là où se rend compte que les espagnols vivent leur vie comme bon leur semble et que rien à foutre d'être endetté, mes gosses paieront mes dettes, c'est en allant dans une salle de bingo.
Comment ça tu sais pas ce qu'est le bingo? Non mais il faut arrêter de regarder Drucker ou de faire la conversation à tes beaux parents le dimanche après-midi.
Ah j'oubliais, tu es célibataire, autant pour moi.
Donc, le bingo. C'est un jeu de boules. Non, ce n'est pas sexuel, ne sois pas vicieux. Un jeu de hasard avec des boules. Et si tu remplis une ligne ou toute la grille en premier, tu cries "ligne" ou "bingo" (c'est selon, va pas crier bingo si t'as une ligne, t'auras l'air con) et tu gagnes l'argent mis en jeu.
Plus il y a de cartons vendus, plus la cagnotte est élevée. C'est facile, non?
En bref, les salles de bingo sont comme des salons avec tables rondes et fauteuils comfortables, coz que les vieilles ont besoin d'être à l'aise. T'as vu comme ils sont doués en stratégie marketing les tenanciers de bingo?
Un tirage complet (environ 60 boules pour arriver au bingo) dure 3 minutes à tout casser.
À 2¤ le carton et à raison de 5 cartons en moyenne par vieille, fais le calcul des dépenses dominicales d'une mamie qui reste vautrée dans son siège de 15h à 21h en sirotant d'improbables boissons (à 7¤ l'unité).
J'oubliais, la vieille ne passe pas que ses dimanches au bingo.
Aux heures de pointe elle prend quand même le bus ou le métro.
Alors j'espère que tu as fait une croix sur ton héritage parce les alcooliques accrocs aux jeux, ce n'est pas une garantie des plus sûres**...
*pays sous-développé il paraît que ça ne se dit plus coz que c'est péjoratif, bref si je te dis pays pauvre et un peu en retard tu me comprends.
** tu admireras la superbe utilisation des homonymes.


